Don Johnson interviewé par le Miami Herald

Don Johnson interviewé par le Miami Herald - Interview

Retour à "Articles"

Don Johnson Publiée le 26 septembre 2014, l'interview de Don Johnson par le Miami Herald, n'a pas manqué d'attiser la curiosité des fans de Miami Vice. De son expérience à Miami, à ses projets de séries, en passant par sa relation avec Philip Michael Thomas, Don Johnson répond sans détour aux questions des journalistes du Herald, créant même la surprise en fin d'interview... Une raison suffisante pour vous en proposer une retranscription en français...
 

Miami Herald : Quelle était la situation lorsque vous tourniez dans les années 80 ?

Don Johnson : South Beach n'était pas dans le dictionnaire. C'était encore le sud de Miami Beach quand on est venu pour la première fois. Je pourrais vous parler de tout ça pendant des jours. Ce que je veux dire, c'est que vous pouviez tirer au canon et tuer un héron bleu. Tout étant à l'abandon ! Et je me disais "Mais que diable faisons-nous ici ?". Comprenez-moi bien. J'ai adoré ça. Je veux dire, j'ai toujours un amour particulier pour Miami. C'est juste une partie de moi. Je suis si reconnaissant pour tout ce temps passé là-bas. J'y suis retourné pour tourner une publicité Nike avec LeBron James, il n'y a pas si longtemps que ça. Et les gens y sont toujours aussi aimbales et généreux. Au restaurant, je peux à peine payer mes notes. C'est en réalité une liaison amoureuse symbiotique.
 
 
Miami Herald : Restez-vous en contact avec votre partenaire Philip Michael Thomas ?

Don Johnson : Il est un de mes très chers amis. Nous avons l'habitude de nous parler assez fréquemment. J'ai travaillé 14-16 heures par jour avec cet homme pendant cinq ans, et nous n'avons jamais eu une dispute, pas un désaccord. On se soutenait. On se protégeait l'un l'autre. Vous pouviez ressentir l'alchimie et la fraternité, et en fin de compte, dans une série TV, si le public accroche émotionnellement alors peu importe si l'histoire parle de a, de b ou de c. Vous voulez juste être avec ces gens. Ils ont un regard neuf sur les choses différentes. C'était genre, "wow je n'ai jamais rien vu de similaire avant, la mode et la musique ressemblent vraiment à ce qu'on voit dans les longs métrages. Vous ne pouvez pas l'emporter. Mais pour que Miami Vice reste pertinent, le public devait être connecté. Au coeur de ce show, il y avait le sens de l'humour, l'ironie, et l'alchimie, et c'est, je crois, ce qui était si puissant.    


Miami Herald : Donc, parlons de la mode. C'était un des grands acteurs.

Don Johnson : Eh bien, quand je devais revenir au boulot, d'habitude fin juillet - et je dis ça avec tout l'amour que j'ai dans le coeur - c'était un peu comme être condamné au Cambodge. La chaleur était insupportable. Je savais que je travaillerais dans des conditions extrêmes pendant les trois mois suivants et que quand arriverait octobre, je serais rincé. Et mes vêtements : j'ai dû porter une veste, j'ai dû porter une arme à feu, et un holster à l'épaule. Dehors il faisait 100° [NDLR : Fahrenheit, soit près de 38° Celsius], avec 98% d'humidité. Comment pouvais-je faire ça ? Donc j'ai juste commencé à rouler les manches, à tomber certains vêtements - chaussettes, ceintures - à porter des T-shirts. Et au bout d'un moment, je me suis mis à porter du Versace, Armani, Claude Montana, Thierry Mugler, tous ces incroyables créateurs.


Miami Herald : Quel autre rôle la météo de Miami a-t-elle joué dans le show ?

Don Johnson : Tout le monde parle toujours de l'apparence de Miami Vice. Je m'en émerveille constamment aussi. Et sans vouloir parler de façon ésotérique, je dirais que l'univers nous met au défi (quoique je préfère voir ça comme des occasions). Nous tournions à l'ombre quand nous pouvions, nous allumions les éclairages pour mettre les ombres en lumière, et c'est ça qui a donné au show son look si particulier. C'était la forme après la fonction.


Miami Herald : Quel est votre meilleur souvenir ?

Don Johnson : Je me rappelle le tout premier jour de tournage du pilote, la toute première scène. On tournait dans cet appartement de retraité sans ascenceur sur Ocean Drive. Il y avait un trou en plein milieu du plancher au 2e étage. Vous pouviez voir tout ce qui se passait là-haut. Nous parlons d'un trou d'une vingtaine de centimètres de diamètre. Comment le trou est arrivé là, je ne sais pas, et je ne veux pas le savoir. Des années plus tard, Gianni Versace, Dieu ait son âme, et moi-même étions devenu de bons amis. Je visitais Miami, et j'avais été invité à venir découvrir sa nouvelle maison et y déjeuner. Je passe la porte, traverse le jardin, quelque chose d'étrangement familier, qui n'est pas inhabituel puisque nous avons tourné dans presque chaque construction de Miami Beach. Et d'un coup, "Oh mon Dieu, c'est ici que nous avons tourné le premier épisode". C'était spectaculaire. Et quelle ironie ?! J'étais dans l'hôtel particulier de Versace.


Miami Herald : Vous avez tourné une vidéo pour votre chanson de 1986 Gotta Get Away sur Espanola Way. Vous vous en rappelez ?

Don Johnson : Oh mon Dieu, oui. J'ai pris mon pouls après ça, et j'étais à 180, ou quelque chose comme ça, mais ça allait. J'étais pas mal. On avait pris des milliers d'extras, et on avait qu'une nuit. C'était dingue ce qui avait été engagé : chorégraphie, steadycams, séquences de rêve. C'était ambitieux, peut-être même un peu trop ambitieux. On a mis en boîte la dernière scène alors que le soleil pointait le bout de son nez à l'horizon.


Miami Herald : Avez-vous la sensation que 30 ans ont passé ?

Don Johnson : Vous savez quoi ? Ma femme me dis sans cesse, "Mon Dieu. Tu as vécu une si grande vie", et je sais ce qu'elle veut dire quand elle dit ça. J'ai comme la sensation c'était hier, et pourtant chronologiquement, je sais que ce n'est pas le cas. Je ne me sens pas différent. J'ai de l'énergie à revendre et une bonne santé. J'ai l'impression d'avoir gagné quelque chose de magique ici.


Miami Herald : Nous avons entendu dire que vous travailliez sur une nouvelle série intitulée Score, et se déroulant à Miami.

Don Johnson : Oui, ça parlera de football universitaire, et je jouerais cet entraîneur atroce qui brise toutes les règles de recrutement. Nous mettons en valeur Miami dans toute sa gloire des années 80 - pré-réseaux sociaux, pré-téléphones portables, pré-PC, pré-tout ! C'était aussi le début de la grande époque du football universitaire business. J'ai vraiment l'intention de le faire. J'ai fini de co-écrire le pilote. Mais vous connaissez le milieu du cinéma aujourd'hui, vous devez aller là où vous obtenez les meilleures conditions. Ce n'est plus le business tel que nous le connaissions à l'époque. C'est serré. Donc j'espère que nous pourrons entrer en phase de production, nous le ferons là-bas [NDLR : à Miami], et que la commission des films nous aidera. Pour l'amour de l'ancien temps. Rien ne me ferait plus plaisir.


Miami Herald : Et qu'en est-il de Sonny Crockett ? Est-il définitivement à la retraite ?

Don Johnson : Vous savez, peut-être qu'il y a quelques nouveaux épisodes de Miami Vice qui pourraient venir. Un reboot. J'en ai discuté avec quelques réalisateurs de "première catégorie" qui serait intéressés par l'idée de faire ça. J'ai deux ou trois idées sur la façon dont on pourrait le faire pour que ce soit homogène et spectaculaire. Je recréerais mon rôle de Sonny, comme il serait au 21e siècle. Ça pourrait vraiment être fun.

 

Source : Miami Herald
 

Publié le 29 septembre 2014 à 13:00:00
Laissez un commentaire sur Don Johnson interviewé par le Miami Herald
Enregistrement en cours...
Pseudo *
E-mail
Site
Commentaire *
 
Calcul anti-spam *

Combien font cinq + trois ? (Résultat en lettres - Ex : neuf + huit = dix-sept)
* Champs obligatoires